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Slimfly

Joker

19 Avril 2017 , Rédigé par SlimFly Publié dans #Textes

Joker

Je vais vous raconter une anecdote.
Une de celles qui marquent une vie comme une putain de cicatrice sur le visage.
Une histoire de bouffon.
Celle du pauvre clown sur qui l’on crache pour faire couler son maquillage.
Cette comédie n’est qu’une farce, un acharnement.
Lorsque l’amour se joue de vous et que la mort vous mystifie, que vous reste-t-il ?

 

Cette histoire raconte la véritable histoire de l’homme aux cheveux verts.
Mon rendez-vous raté dans les draps de satin blanc de la déesse à la couronne.

 

J’étais poète et ma muse avait le regard froid des montagnes.
Les yeux suffisamment effilés pour faire couler la liqueur rouge de mon âme.
J’avais percé l’insaisissable et du bout des lèvres le masque nébuleux avait laissé place à l’intime.
D’elle, je ne garde que des sensations.

 

Un arrière-goût de pulsions.

 

Des réminiscences de dilection.

 

Et la ressouvenance de la concupiscence.

 

Nous écrivions demain à quatre mains et la musique nous transbahutait d’une chaleur boulimique à de morbides appréhensions.
Faire fondre la coquille scellée de mon Aphrodite n'était qu’un leurre.
Déjà les premières pluies d’espoirs se répandaient sur le brasier fanatique de l’allégresse.

 

Le chemin vers l’amnésie est toujours fléché : L’étreinte des néons rouges, les émanations palliatives et le goût du sang dans la bouche.
L’indiscipliné serpent n’attendait plus qu’une signature pour sceller mon sort à celui de la sainte mort. Sur le point d'échanger mon sentiment le plus précieux pour une utopie, la perle pourpre ne toucha jamais l’entente.

 

Ma demande était irrecevable : "Je n’ai que faire de ton âme. Ce n'est pas ça que je réclame. Je n’attache aucune importance aux biens, je n’en ai pas besoin. Seul ton sentiment le plus ridicule m’intéresse. Mais celui-là, je te l’ai déjà rendu futile. Tu m’es inutile.
Tu n’as plus rien à offrir"

 

L’amour est à la mort et nous ne sommes qu’éphémère.
La mort s’évapore et l’amour reste chimère.
Quand les deux femmes de sa vie s’éloignent et quand sa fée s’éteint, que reste-t-il au clown, que reste-t-il du poète ?


Que reste il si ce n’est cette acide verdâtre qui s’évapore de mon crâne et ces goûtes de poudre à canon qui perlent sur mon front. Des yeux injectés du vin des dieux, des yeux noirci au charbon par les lueurs de la nuit, des cheveux pétrifiés qui poussent dans mes gants.

 

J’étais le poète, j’étais le clown, je recherchais le génie à travers un mirage. Mais me voilà de retour dans la réalité. Le rêve est passé, et je deviens raisonnable, je ne suis plus fou.


Je peux séduire la vie d’un sourire d’ange.

 

Slimfly

Photographe : Slimfly

 

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E
Bonjour et bienvenue dans la communauté " Le jardin virtuel " je me suis inscrite pour vous suivre et met un lien sur mon blog pour vous présenté un bien beau blog et écrit au plaisir bonne journée Evy
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S
Merci beaucoup. J'espère que la lecture vous plaira. De mon côté je vais flâner dans le jardin virtuel :)
David.