L'école
La rentrée des classes. Un moment attendu et craint, apprécié et détesté, qui se répète inlassablement mais reste toujours unique.
Pour certain ce sera joie et bonheur, retrouvailles démonstratives entre chiards de la même espèce alors que pour d'autres cela restera chaque année un supplice atroce, un aiguillage direction purgatoire, une descente en enfer interminable.
La rentrée des classes. Synonyme de nouvelle année, studieuse, pleine de surprises, d'amourettes niaises et de découvertes puériles. Des cadeaux, des apprentissages, des bons points, des félicitations et des barres de rire.
Mais aussi une année remplie de rouge, de remarques, de baffes, de convocations, d'avertissements, d'incompréhensions, de moqueries et de rabaissement.
Quelle que soit la situation ils n'auront pas le choix, l'école est obligatoire et heureusement gratuite. Il n'y a plus qu'à se rendre à la grande surface la plus proche afin de commencer le ravitaillement scolaire. Un exercice de logistique épuisant, à se battre pour le dernier agenda "Jcoutelapeauducul " et le stylo effaceur ré-écrivable après ré-effacement. Une bonne note bien salée pour terminer mais cela n'est pas grave, c'est simplement pour être sûr que les gens ont compris que l'école est gratuite.
Le petit soldat est maintenant prêt à se rendre dans son établissement d'éducation nationale.
Les plus cons prendront alors le chemin fléché jusqu'à leurs moules sur mesure leurs permettant de rentrer parfaitement dans le rang. Ils seront les parfaits petits bonshommes lobotomisés, facile à manipuler et ils ne cesseront de se plaindre sans jamais réagir croyant que les choses s'arrangeront toutes seules.
Les plus abrutis suivront quant à eux les petits bouts de pains qui les expulseront du système ou les intégreront dans de fantastique voie sans issus. Criant au scandale et à la mise à l'écart prémédité, ils hurleront à plein poumon, se soulèveront de manière brève avant de s'endormir petit à petit dans un coin qu'ils auront appris à aimer et apprivoisé.
Les plus débrouillards comprendront qu'il ne s'agit pas de prendre l'ascenseur qui les montera le plus haut, mais simplement d'emmagasiner les connaissances indispensables afin de pouvoir s'épanouir dans un milieu qu'ils auront choisi et non pas le milieu dans lequel on les aura envoyé afin d'exploiter au maximum leur capacité comme de petits esclaves au service de l'État. Malheureusement ils ne s'en sortiront pas mieux que les autres.
Et les petits enfoirés, futurs grands hypocrites, seront envoyés en formation d'utilisation de langue de bois, de manipulation, et autres apprentissages utiles pour la mettre bien profond aux gentils petits citoyens complètements attentistes et aveugles que la société aura fabriqués.
Cordialement, et bonne chance.
Slimfly
Photographe : Slimfly
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